De nouvelles mesures en faveur des ZEP

Jan 16

De nouvelles mesures en faveur des ZEP

Les ZEP, sujet sensible depuis plus de 30 ans, qui semble malheureusement loin d’être éradiqué. La situation pourrait se comparer aux Restos du cœur dont la durée devait être éphémère en fonction des besoins mais qui perdurent également depuis une trentaine d’années.

Le point sur la situation

Les établissements classés en zones d’éducation prioritaire ont doublé depuis leur création en 1982. 1099 collèges sont actuellement classés en ZEP, contre 503 en 1982.

Ce sont 20% d’élèves qui requièrent un accompagnement au lieu de 10%.

Les équipes pédagogiques sont constamment renouvelées, il est donc difficile de mettre en place une pédagogie de la réussite à long terme.

Il faut pourtant noter que 2 à 3% d’établissements ne devraient plus être classé en ZEP. En effet, certains quartiers autrefois défavorisés ont été réaménagés et sont désormais peuplés de familles de classes moyennes, qui a priori n’entrent plus dans les catégories de classement en ZEP. Mais les avantages de ce classement en ZEP n’encouragent pas les intéressés à demander un changement. Ainsi, si un établissement perd son label, les enseignants touchent environ 1200 euros de moins par an ! De même le nombre d’élève par classe augmente mécaniquement.

Du temps et de l’argent

De nouvelles mesures en faveur des ZEP sont annoncées par le Ministre de l’éducation.

Les enseignants devraient voir doubler leur indemnité spécifique mensuelle qui s’élève actuellement à 100 euros.

Afin d’inciter les enseignants à rester dans ces établissements, ils vont bénéficier de 3 jours de formation par an. Les nouveaux personnels seront accompagnés. Le travail en équipe sera favorisé. Pour permettre la réalisation de ce dispositif chaque heure de cours comptera 1,1 heure. Ainsi un professeur de collège effectuera 16 heures 30 de cours au lieu de 18 heures, et un professeur de primaire un peu moins de 22 heures au lieu de 24 heures, soit 9 jours de moins par an. Les modalités de fonctionnement ne sont pas encore définies, car nous pouvons bien supposer que le remplacement homéopathique de ces professeurs posera bien des soucis aux responsables académiques. Cela ne devrait concerner qu’une centaine d’établissement qui testeraient ce nouveau dispositif à la rentrée prochaine, à savoir des établissements classés ECLAIR, donc les plus en difficulté.

Le plan prévoit également un encadrement des élèves jusque 16h30, de façon continue.

L’ensemble du dispositif devrait être financé à hauteur d’environ 350 millions d’euros, soit une augmentation de budget de 100 millions d’euros.

Des plus et des moins

La bonne mesure est de vouloir stabiliser les équipes éducatives, mais ces établissements et les primes suppléments seront-ils suffisamment incitatifs ? Un fait positif, néanmoins, les enseignants, qui avaient des projets innovants et se trouvaient souvent freinés par leur hiérarchie, vont dès à présent bénéficier du soutien du ministre.

L’objectif du gouvernement est la scolarisation de 30% des enfants de moins de trois ans dans les zones prioritaires avant la fin du quinquennat. Est-ce bien utile et cette mesure va-t-elle vraiment régler les problèmes spécifiques de ces zones ? Ne faudrait-il pas utiliser les hypothétiques 60.000 postes prévus pour d’autres actions ? On ne parle pas de réduire les effectifs des classes surchargées quand elles ne sont pas classées en ZEP.

Quant à la mise en place du « plus de maîtres que classes », bonne idée en soi, elle ne concernerait là encore que les zones d’éducation prioritaire. Et il n’y a encore rien de précis à ce sujet. Bon nombre d’écoles, dites « ordinaires » auraient sans doute besoin de ces aides, elles ont aussi leur lot d’élèves en difficulté, ne disposent pas de RASED et gardent un effectif élevé de parfois plus de 30 élèves !

Un œil attentif et prudent

Le Ministre a annoncé « des mesures d’une ampleur inédite », l’avenir dira ce qu’il nous réserve.

Y a-t-il refondation ou ajout de nouvelles mesures sur une pile déjà conséquente qui n’a jusqu’à présent pas prouvé son efficacité.

Même si les syndicats et les parents d’élèves saluent cette relance de l’éducation prioritaire, nous attendrons que les promesses soient concrétisées par les faits. Ne faudrait-il pas tout d’abord modifier la carte des ZEP, en sortant certains établissements qui n’entrent plus dans les normes et en intégrant d’autres collèges qui auraient grand besoin d’être officiellement reconnus en difficulté et bénéficier des aménagements auxquels ils ont droit.

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