Si nous tentons une comparaison avec l’automobile, nous constatons qu’il y a les voitures low cost et les grosses berlines, les voitures à essence, diesel ou électriques, les automatiques et les 5, 6 ou 7 vitesses. Le choix est multiple et cherche à s’adapter aux besoins de l’acheteur. L’école risque de suivre le même chemin avec la réforme des rythmes scolaires.
Réformer les rythmes scolaire pourrait s’avérer profitable si au départ chacun disposait des mêmes ressources. Appliquer une règle commune était une bonne chose, à condition que tous disposent des mêmes moyens. Dès le départ, le challenge parait impossible. Certaines communes ont la chance de disposer des infrastructures nécessaires, qu’elles soient sportives ou culturelles, mais ce n’est pas le cas de toutes. Les moyens financiers et humains sont loin d’être équitablement répartis.
Si l’on se penche sur la réalité des choses, on constate en particulier que les écoles privées sous contrat n’ont aucune obligation d’appliquer la réforme, et pourtant celles qui l’adopteront recevront les mêmes subventions que les écoles publiques.
On pouvait supposer que la réforme poserait plus de problèmes aux communes rurales qu’aux plus grandes villes. Et pourtant, on se rend compte que la métropole lilloise est en difficulté et n’aurait pas les moyens pour mettre en œuvre la réforme.
De plus, la dernière dérogation proposée par Benoît Hamon, donne la possibilité de regrouper les activités périscolaires sur une demi-journée. Ne risque-t-on pas de voir certaines agglomérations y recourir ? En tout cas, Lyon semble s’engouffrer dans cette possibilité, qui sera assujettie d’une participation financière, en moyenne de 12 euros mensuels, demandée aux familles. Précisons en outre (est-ce un hasard !) que les activités périscolaires se dérouleraient le vendredi après-midi et qu’elles sont facultatives. En prenant exemple du calendrier de cette année, combien d’élèves, dans ce cas, auraient manqué l’école les vendredis matin 2, 9 et 30 mai ? Quels beaux week-end en perspective, avec 2 jours et demi de classe pour quatre jours et demi de congé, trois fois dans le même mois ! Sans doute, le mois de mai 2014 était particulier, mais cela pourrait se reproduire. Que penser aussi de cette demande de participation financière des familles, alors que les communes percevront 50 euros, avec une majoration de 45 euros pour certains secteurs ? Comment ne pas s’étonner de ce cas, à Lyon, dont le choix d’un maire socialiste risque de pénaliser certaines familles moins fortunées, l’école n’est-elle pas laïque, gratuite et obligatoire ? Car ce coût supplémentaire demandé aux familles ne pourra pas être supporté par tous, ainsi tous n’auront pas droit au même service et devront y renoncer.
Combien d’autres communes vont-elles s’engager dans un regroupement des activités sur une même demi-journée ? Quels bénéfices en tireront alors les enfants, qui auront la chance ou non de bénéficier de certains services selon la commune où ils résident. Les rythmes scolaires marquent-ils le début de l’inégalitarisme ? Et surtout, que devient la réforme initiale, le but principal n’était-il pas d’alléger les journées de classes ?