Déjà annoncé le 14 juillet, le Président a réaffirmé, le jour de la rentrée des classes, la mise en place d’un grand plan numérique.
L’idée, si intéressante soit-elle, laisse un peu songeur. En effet le financement est encore flou, surtout en ces périodes de réduction des dépenses. François Hollande a rappelé que le rôle de l’état est de mettre en place les outils et de former les enseignants au numérique. Jusqu’à présent, la formation se faisait surtout entre collègues qui mettaient en commun leurs compétences, bien que souvent surclassés dans le domaine des nouvelles technologies par leurs élèves. Quant à la mise en place des outils, on ne peut que saluer cette idée à condition de trouver les financements ou les partenaires. Mais après la mise en place, qui va en assurer la maintenance et le remplacement, ces « compétences » seront-elles transférées aux communes dont les dotations se réduisent régulièrement.
Au-delà des contraintes que cela impose, on peut espérer la concrétisation par les faits.
30 ans après le plan IPT (informatique pour tous) présenté par le premier ministre de l’époque Laurent Fabius, on se pose toujours la question de l’utilité de ces actions. Combien d’écoles laissaient alors les ordinateurs dans les placards, faute de programmes adaptés ou par manque de connaissance des personnels, ou tout simplement pour des raisons matérielles ou d’horaires. Aujourd’hui, bien des progrès ont été faits, les enseignants sont plus au fait du progrès, le plus souvent par auto-formation, les ordinateurs font partie intégrante des outils de l’école. Les tablettes font leur entrée et surtout les applications sont de plus en plus nombreuses. Enfin, de plus en plus d’écoles adoptent le haut débit.
Quoi de neuf depuis décembre 2012 ?
On peut se poser la question de savoir ce qui change entre ce nouveau discours du président et ce qui avait été annoncé par Vincent Peillon, en décembre 2012, lorsqu’il était ministre de l’Education nationale. Ni le président de la République, ni la nouvelle ministre de l’Education, n’ont donné plus d’information sur ce qui est censé être nouveau. Qu’y a-t-il de plus en matière de formation des enseignants, en mise en place de ressources pédagogiques sur internet, en aide aux élèves en difficulté, en aides à l’équipement des établissement, en modalités d’apprentissage du code à l’école ? Gageons que cela ne se résume pas simplement à une promesse de rentrée. François Hollande veut-il faire aussi bien que Barak Obama qui a annoncé vouloir connecter toutes les écoles des Etats-Unis à internet d’ici 2017 ?