Les élèves-ingénieurs et l’orthographe

Avr 05

Fin mars se déroulait la semaine de la langue française et de la francophonie. Comme chaque année, l’ECE (Ecole Centrale d’Electronique) de Paris proposait une dictée aux élèves ingénieurs.

Le texte de la dictée a été rédigé par Line Sommant, fondatrice des Dicos d’Or. Les étudiants ont réussi l’exercice avec une moyenne de 26 fautes. Le meilleur d’entre eux n’a commis que 5 erreurs ; pour info, il avait déjà remporté l’épreuve l’année précédente.

Voulez-vous tenter l’exercice en suivant la vidéo du 2e texte. Les textes vous sont proposés en intégralité à la suite.

Les textes de La Dictée ECE 2013

 

À la recherche des mots envolés

 

Quelle mission atypique, France, rescapée à demi indemne d’un périple au Kazakhstan, s’était-elle vu confier ! Son rédacteur en chef l’avait chargée d’enquêter sur l’exil des mots français. Lesquels avaient essaimé de-ci de-là en Europe et ailleurs? Sans son équipe, elle s’était lancée dans cette mission inopinée et, quoique cette odyssée de polyglotte l’enthousiasmât in petto, elle dut user de son savoir-faire pour débusquer objectivement ces hoirs de notre langue.

De l’époque moyenâgeuse à l’ère du Roi-Soleil, des Lumières au belliqueux Napoléon, l’histoire française avait provoqué, dans d’autres contrées, des coups de foudre sociolinguistiques uniques. Ici, des bouquets de mots avaient batifolé, puis s’étaient immiscés comme des plants qui se seraient enracinés et auraient crû tels quels. Là, des pays s’étaient fait fort d’assaisonner leurs étymologies à la mode des lieux, cachet oblige !

Ainsi, dans les restaurants chics de l’Eire* gaélique trônaient l’omelette et le sorbet. Sur beaucoup de menus européens s’étaient imposés les saint-honorés*, les moelleuses profiteroles, la raclette ou les papillotes. Quant à la béchamel, elle avait nappé plus d’un lexique! Et les Bulgares avaient fait mainmise sur notre polygone pour désigner l’estomac!

De même, nos us et coutumes, quelque saugrenus qu’on les qualifiât, avaient légué les rendez-vous et les prêts-à-porter, les tête-à-tête et les vis-à-vis, les laisser-faire et les laissez-passer…

« Voilà, conclut France, comment cet invraisemblable atelier muséal qu’est l’Europe protège notre langue ! »

 

* On acceptera Éire ou Eire.

* On acceptera des saint-honoré ou des saint-honorés.

© Texte établi par Line Sommant

 

Test pour départager les ex aequo

 

Des visiteuses au musée

 

Ce musée conservait des trésors picturaux. Au rez-de-chaussée, les visiteuses y avaient vu des aquarelles, des eaux-fortes, des lavis. Plusieurs courants étaient représentés avec les préraphaélites, les impressionnistes, les nabis, les non-figuratifs ou encore les tachistes…

Elles avaient découvert des toiles marouflées, contemplé des diptyques et des polyptyques. Curieusement, certaines toiles présentaient des embus, d’autres encore étaient éclairées par des rehauts, d’autres semblaient presque en relief grâce aux empâtements d’un artiste qui, par ailleurs, avait peint en camaïeu ou joué avec des clairs-obscurs. Quelques toiles s’étaient craquelées avec les ans ou bien étaient jaunies voire chancies. Quoi qu’il en soit, les visiteuses s’étaient extasiées devant des drapés amarante, ici, et des sous-bois vert céladon et ocre, là.

À l’étage, elles avaient admiré les prédelles de deux retables, des bas-reliefs méplats, des rhytons hellènes, les trompe-l’œil d’une marqueterie* du Grand Siècle et même la réplique de la Vénus callipyge de Naples !

 

* On acceptera des marqueterie ou des marquèterie.

© Texte établi par Line SOMMANT

 

Retrouvez également les textes des années précédentes ainsi que le classement 2013 sur http://dictee.ece.fr/

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