Profession : professeur des écoles « maître des savoirs »

Jan 11

Non, nous ne sommes pas revenus un siècle en arrière, époque où l’instituteur détenait le savoir, époque où dans le village les personnalités les plus importantes étaient le maire, le curé et l’instituteur. Le professeur des écoles du XXIe siècle ne détient plus tout le savoir.

Rien à voir non plus avec les « maîtres du temps » de Fort Boyard, pour être plus sérieux, il s’agit d’une proposition du candidat Arnaud Montebourg de créer un « maître des savoirs fondamentaux ».

Une idée intéressante a priori

Partant du constat que des élèves qui ont pris du retard dès le CP auront peu de chances de bien réussir plus tard, Arnaud Montebourg propose que les professeurs des écoles suivent leurs élèves pendant 3 ans, du CP au CE2. Cette idée a déjà été évoquée par le CNESCO (Conseil national d’évaluation du système scolaire) il y a deux ans. En effet, on se rend compte qu’un certain nombre d’élèves a des difficultés et qu’il faut trouver des solutions : cours de rattrapage, soutien, formation continue des professeurs…

Cette idée peut-être intéressante si l’école fonctionne réellement par cycles et non par années. Il semblerait que cela éliminerait le temps d’adaptation en début chaque année. Si une école fonctionne bien, la transmission d’une classe à l’autre existe et les enseignants de l’école élémentaire qui prennent de nouveaux élèves chaque rentrée scolaire ne démarrent pas dans l’inconnu.

Par nécessité, ce système fonctionne déjà très bien dans les petites communes où les classes sont à cours multiples.

Mais alors, il faut travailler en ayant pour objectif des résultats à obtenir en fin de cycle et non en fin d’année.

Des dangers à ne pas négliger

Cela fonctionne très bien dans les pays qui organisent la scolarité en cycles, comme en Belgique ou en Finlande par exemple. Mais en France, nous n’avons pas la même culture. Il est sans doute nécessaire que les enseignants aient une politique commune.

Si des élèves ne s’entendent pas avec leur instit ou inversement, que se passera-t-il durant trois ans ?

Il est indispensable également que les équipes pédagogiques soient stables pour mener à bien des actions sur trois ans.

Et si un enseignant est « défaillant ». Prenons le cas d’une collègue que j’ai connue, qui s’absentait pour maladie au moins un trimestre par an, et pas de façon continue. C’est sans doute un cas extrême, mais qui existe. Pour les parents d’élèves, c’était une année sacrifiée pour leurs enfants. Alors sur trois ans ?

Souvent dans les écoles, les classes sont à double niveau, quel casse-tête alors pour la répartition des élèves si l’on veut suivre la progression logique d’un même enseignant pendant trois ans. Que dire également des classes à double niveau CE2-CM1 qui ne sont pas du même cycle ?

Enfin, il faut prendre en compte les capacités de transmission de savoir et de relation maître-élève. Certains enseignants seront beaucoup plus à l’aise avec des CP et d’autres avec des CE2, mais pas obligatoirement inversement. Sans oublier que, contrairement à leurs collègues du secondaire qui n’enseignent qu’une matière, les professeurs du primaire doivent être capables d’enseigner toutes les matières.

Mais si l’on en vient à imaginer des « maîtres des savoirs fondamentaux », y aura-t-il aussi des « maîtres de la consolidation » du CM1 à la 6?

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