APB c’est terminé. Le tirage au sort est remplacé par le tri sélectif.

Oct 30

Grande réforme de l’enseignement supérieur ou retour un demi-siècle en arrière, au XXe siècle et les débuts de la Ve République.

La procédure APB a connu encore plus de problèmes cette année, avec bon nombre d’étudiants laissés sur le bord du chemin. Comme le disait le Président Macron en août dernier « Nous ferons en sorte que l’on arrête de faire croire à tout le monde que l’université est la solution pour tout le monde ». Si tous les élèves ne peuvent accéder à l’université, il faut donc cesser de le leur faire croire, et surtout de leur faire croire que le diplôme du bac en sera le sésame. Une question se posera alors, que faire des bacheliers qui ne pourront pas entrer à l’université.

Accès à l’université, une nouvelle procédure individualisée

Jusqu’à présent, les postulants à une entrée à l’université utilisaient la plateforme APB et la « machine décidait » en fonction des places disponibles. Les lycéens avaient à formuler 24 vœux, classés par ordre préférentiel, dont 12 dans les grandes familles de formation. Pour compliquer encore un peu plus la tâche, on y avait ajouté les licences « à pastille verte » et les « sous-vœux ».

C’en est terminé si le projet est adopté.

  1. Les lycéens ne formuleront plus que 12 vœux.
  2. Les professeurs donneront leur avis, et cet avis sera transmis aux potentiels établissements d’accueil.
  3. Les facs, qui auront ainsi accès aux bulletins, émettront également leur avis et en informeront les élèves.
  4. Si les élèves ne sont pas « sélectionnés », ils pourront toutefois tenter de poursuivre dans la voie de leur choix, sous réserve d’une remise à niveau obligatoire.

L’infographie du Parisien résume bien cette nouvelle procédure.

Place aux bacheliers, aux propédeutes et aux étudiants

Les élèves qui ne seront pas jugés aptes à poursuivre immédiatement dans l’enseignement supérieur de leur choix devront suivre une année de propédeutique.

Souvenons-nous, jusqu’en 1966 en France, la propédeutique était la première année d’études supérieures, préparatoire aux licences après le baccalauréat dans certaines universités. L’expression faire sa propédeutique était courante.

La propédeutique, c’est aussi l’année d’étude et de réflexion que font parfois les futurs séminaristes de l’Église catholique !

Définition

Propédeutique (Du grec ancien προπαιδεύω, propaideuô, « enseigner auparavant ») : Apprentissage préparatoire à la poursuite d’un cycle d’études / Ensemble de savoirs servant de base à de futurs enseignements.

Synonyme : prépa

Souhaitons que ce retour de 50 ans en arrière ne subisse pas le même sort. Il s’en était suivi Mai 68.

Mais que vaut donc le bac du XXIe siècle ?

Quelle valeur accorder au bac si les bacheliers n’ont pas le niveau d’entrer à l’université ?

Amener 90% d’une tranche d’âge au bac, c’est louable, mais n’est-ce pas proposer un diplôme low-cost ? On peut raisonnablement se poser la question s’il est nécessaire de suivre une formation complémentaire pour accéder à l’université. Posons-nous les bonnes questions quand on constate les lacunes en français, et principalement en orthographe, ou même en repères historiques ou géographiques. Réformer l’entrée à l’enseignement supérieur, c’est sans doute une bonne chose, mais ne faudrait-il pas revoir le problème en amont. A vouloir reprendre des formules valables cinquante ans plus tôt, souvenons-nous qu’il existait des sélections à l’entrée en sixième, puis un choix d’enseignement cours ou long, avec ou non une poursuite à l’université. Chacun y trouvait son compte et pouvait plus tard s’épanouir dans son activité professionnelle, sans avoir eu besoin de subir l’école trop longtemps et n’y trouver ni plaisir ni réussite. Sans être passéiste, nos aïeux, qui n’avaient que leur Certificat d’Etudes primaires, savaient écrire dans un français correct sans faute d’orthographe ou situer Brive ou Montluçon sur la carte, ou encore savaient qui était Louis IX ou Mazarin ! Et pourtant, ils n’avaient ni télévision, ni smartphone, ni internet, ni tous les moyens qui sont mis à la disposition des jeunes d’aujourd’hui.

La réforme de l’enseignement supérieur présage-t-elle une réforme en profondeur de l’enseignement ?

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