Charters schools et «sélection»

Sep 24

Charters schools et «sélection»

Pour certains enfants américains, tout leur avenir pourrait se jouer dès la maternelle. Dès 2014, les parents pourront choisir l’école maternelle de leur enfant en fonction de leurs performances en lecture et en maths. Pour atteindre cet objectif, les enfants de 3, 4 et 5 ans devront subir des tests qui permettront d’établir le premier palmarès des Charters schools.

 

Qu’est-ce qu’une Charter school ?

Une Charter school est une école publique à gestion autonome, disposant de fonds publics. C’est ce qu’on pourrait appeler une école privée sous contrat. A Washington DC, où le pourcentage d’enfants inscrits en préscolaire est le plus important (88%), ces écoles sont ouvertes à tous les résidants, indépendamment de leur quartier, de leur statut socio-économique ou de la réussite scolaire précédente. Les parents peuvent choisir leur école en fonction des besoins de leur enfant. Certaines écoles se sont spécialisées sur des intérêts spécifiques tels que les mathématiques, les sciences et la technologie, les arts, l’immersion linguistique… Il n’y a pas de tests d’admission.

Comment les Charters schools sont-elles financées ?

Les écoles reçoivent des fonds publics en fonction du nombre d’élèves inscrits. Le montant est fixé par le conseil municipal. Les écoles reçoivent également une allocation pour leur installation.

Les écoles sont-elles tenues responsables du respect des normes académiques ?

Les écoles doivent atteindre des objectifs, fixés dans le cadre d’un plan de responsabilisation approuvé par la Commission des Charters schools. Si une école ne parvient pas à atteindre ses résultats dans son contrat de cinq ans, son agrément peut être annulé. Les écoles doivent se conformer aux dispositions de la No Child Left Behind Act pour l’embauche des enseignants qualifiés et des étudiants de l’enseignement. En échange d’un niveau exceptionnellement élevé de responsabilité, les Charters schools bénéficient d’une plus grande autonomie que les écoles publiques traditionnelles. Elles ont ainsi le contrôle sur tous les aspects du programme éducatif, le personnel, les professeurs et 100 % de leur budget.

Comment inscrire son enfant dans une Charter school ?

Le choix se définit directement avec l’école, qui propose une visite. Il suffit ensuite de remplir un dossier de demande d’inscription. Mais attention, premier arrivé, premier servi ; si une école reçoit plus de demandes que de places disponibles, il peut y avoir un tirage au sort pour l’attribution des places et la création d’une liste d’attente.

Chaque année, la Commission scolaire des Charters schools publie des rapports sur le rendement des écoles et fournit une vue d’ensemble sur ce qui s’est passé l’année précédente : information sur les populations, les réalisations, les résultats aux tests normalisés, les récompenses…

Une progression des tests standardisés

L’utilisation de tests standardisés pour mesurer de très jeunes élèves ne cesse de s’élargir. Les Charters schools de Washington vont disposer de nouveaux tests standardisés pour les très jeunes enfants, âgés de 3, 4 et 5 ans. Ces tests vont permettre l’évaluation de leurs progrès scolaires mais également le classement des écoles en fonction de leurs résultats. Une partie facultative sera consacrée à l’évaluation des élèves dans l’apprentissage socio-émotionnel.

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Que savoir sur ces tests ?

En moins d’une semaine, toutes les Charters schools de la capitale américaine vont faire passer les tests de lecture et de mathématiques à leurs enfants de 3, 4 et 5 ans. Les enjeux sont élevés pour les écoles.

Concrètement, Washington est une ville où les listes d’attente des garderies peuvent durer des années, et les frais de gardes peuvent être assimilés à une deuxième hypothèque. Washington occupe la première place du pays pour son pourcentage d’enfants de 3 et 4 ans inscrits à des programmes préscolaires. Cela représente 88% des enfants pour un coût annuel de 15 000 $ par enfant. C’est un énorme avantage pour les familles qui ont droit à cet accueil et surtout pour le développement global et la croissance de leur enfant.

Le conseil des Charters schools a proposé un plan de responsabilisation pour les plus jeunes enfants. Ce plan permettra un classement des écoles avec une formule pondérée entre 60 et 80% de la performance globale d’une école en lecture et en mathématiques (Pre-K). La proposition prévoit la possibilité de l’ajout d’une évaluation  qui mesure la croissance sociale et affective (SEL) et compterait pour 15% du total. Enfin, la participation serait un autre indicateur comptant pour 10%.

L’idée de ces évaluations est l’obtention d’un développement optimal du cerveau. Le spécialiste Dan Siegel, professeur de psychiatrie clinique à l’UCLA, explique : « Le cerveau est un organe social, fait pour être mis en relation… L’architecture physique du cerveau varie en fonction de l’endroit où nous dirigeons notre attention… Nous voulons aider nos enfants à mieux s’intégrer afin qu’ils puissent utiliser la totalité de leur cerveau d’une manière coordonnée. Nous voulons qu’ils soient intégrés horizontalement, de sorte que la logique du cerveau gauche fonctionne bien avec les émotions du cerveau droit. Nous voulons aussi qu’ils soient intégrés verticalement, de sorte que les parties physiquement supérieures du cerveau, qui leur permettent de tenir compte de leurs actions, de bien travailler avec les parties inférieures, qui sont plus préoccupées par l’instinct, les réactions instinctives, et la survie. »

Le fondement de l’apprentissage est social et non académique, c’est ainsi que la CASEL (Collaborative for Academic, Social & Emotional Learning) fournit aux écoles la base optimale pour l’apprentissage en aidant les élèves à developper cinq compétences de base :

  • la conscience de soi ou la capacité de reconnaître avec précision ses émotions et ses pensées et leur influence sur le comportement ;
  • auto-gestion, ou la capacité à réguler ses émotions, les pensées et les comportements efficacement dans des situations différentes ;
  • conscience sociale, ou la capacité de sympathiser avec les autres, de divers horizons et de cultures ;
  • compétences relationnelles, ou la capacité à établir et maintenir des relations saines et enrichissantes avec des individus et des groupes ;
  • prise de décision responsable, ou la capacité de faire des choix constructifs et respectueux sur le comportement personnel et les interactions sociales.

Les 12 dernières années de la politique fédérale ont montré que lorsqu’il s’agit d’évaluer les classes supérieures, la lecture et les mathématiques sont utiles, mais surévaluées ; ainsi il faut être prudent de ne pas commettre une deuxième fois la même erreur.

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