Des cahiers de vacances avant d’entrer en maternelle

Août 13

Des cahiers de vacances avant d’entrer en maternelle

Comme il en existe tant pour les lycées, collèges ou écoles élémentaires, les cahiers de vacances se développent pour l’école maternelle. Il en est même qui permettent de « préparer » l’entrée en maternelle, à destination des 2-3 ans !

Qu’en dit l’éditeur ?

Le cahier de vacances plaisir !

Ecrit par des enseignants, ce cahier Passeport propose à votre enfant de bien préparer son entrée à la maternelle :
– des exercices variés et progressifs;
– des activités attrayantes et des jeux adaptés au temps des vacances;
– tous les corrigés et des conseils aux parents dans un cahier central détachable
– Encore plus d’autocollants !

Ce type de publication montre bien la pression scolaire actuelle, mais aussi l’inquiétude des parents face à l’avenir. Est-ce dès la maternelle que se dessinerait la réussite à l’école ?

Une sélection dès la moyenne section

Certaines écoles (privées) pratiquent une sélection d’entrée dès la moyenne section. C’est par exemple le cas de la célèbre EABJM (Ecole active bilingue Jeannine-Manuel), où l’admission se fait après une préinscription (souvent un an à l’avance), une lettre de motivation et des tests d’entrée.

A l’EABJM, c’est la directrice ajointe qui fait passer les tests, et parfois le parfois s’y reprennent à trois fois, ou plutôt leurs enfants. S’ils échouent en moyenne section, ils peuvent repostuler en grande section ou enfin en CE2, dernière étape de « tri ». Il n’est pas rare que certains enfants postulants fassent des stages de remise à niveau.

Comment se passent les tests d’entrée ?

Les parents, généralement très stressés, et leurs enfants sont accueillis. Les enfants qui pleurent sont habituellement d’ores et déjà éliminés, car estimés pas prêts. Ensuite, les enfants sont pris en classe par groupes d’une douzaine avec deux adultes de l’école, un proposant les tests oraux, l’autre observant. Cet examen dure 1h30, et durant ce temps les parents se voient proposer un café, ailleurs.

Première étape : les enfants sont observés collectivement à partir de questions qui leurs sont posées sur leur famille, des jeux avec des balles en mousse par exemple. Si un enfant à besoin de se rendre aux toilettes, l’observation se poursuit afin de tester son degré d’autonomie.

Deuxième étape : les enfants vont devoir réaliser des activités assis à table : dessiner, couper, coller, reproduire, écrire. Le dessin du bonhomme est très parlant pour les psychologues.

Troisième étape : le goûter. Le jury va déterminer la capacité à se servir de l’eau ou éplucher un fruit…

La commission d’admission déterminera ensuite qui seront les meilleurs classés A++.

On comprend mieux pourquoi dans cette école d’excellence, le taux de réussite au bac sera de 100% et 96% de mentions bien. La réussite passe également par des profs d’excellence, des activités parascolaires de haut niveau. Outre le bilinguisme français-anglais, les élèves découvrent le chinois dès le CE2. Il semblerait que les passe-droits soient rares ! Pour l’anecdote, le petit Louis Sarkozy avait dû subir un stage de remise à niveau en anglais avant son entrée à l’EABJM.

Cette école n’est pas un cas isolé, d’autres établissements de la région parisienne pratiquent également des sélections : Ecole alsacienne, Saint-Louis-de-Gonzague, Gerson, Blanche-de-Castille, Stanislas, Saint-Thomas-d’Aquin Cours Molière…

Des choix pour atteindre les voies royales

La focalisation sur la réussite scolaire touche désormais tous les milieux. Dans le public aussi, les parents adoptent des stratégies à la seule fin de placer leurs enfants dans les maternelles de centre-ville, réputées les meilleures. Beaucoup n’hésitent pas à déménager.

Même si le linguiste Alain Bentolila disait que la maternelle est « une garderie déguisée » et qu’ « un enfant n’y recevait en moyenne que trente minutes d’enseignement par semaine » (rapport de 2007 : “Au front des inégalités linguistiques et sociales), Jacques Attali ne disait-il pas en 1998 que « l’essentiel des élèves reçus aux grands concours comme ceux de l’Ecole normale supérieure ou de l’Ecole polytechnique viennent d’une dizaine de lycées ». La majorité d’entre eux auraient même commencé leur scolarité dans une centaine d’écoles maternelles !

Il faut bien admettre que le modèle républicain, qui promet d’offrir la même formation à tous, ne trompe plus grand monde – et surtout pas les plus avertis. Les parcours d’excellence commencent de plus en plus tôt.

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