Des professeurs dont il faudrait peut-être s’occuper

Jan 23

Des professeurs dont il faudrait peut-être s’occuper

Pendant de nombreuses années, l’Education nationale a été confrontée à une pénurie de candidats lors du recrutement de ses professeurs. Le ministère est satisfait du bon quota de recrutement cette année. Mais si l’Etat veut que cette tendance se poursuive, et surtout avec un bon niveau qualitatif, il serait nécessaire de ne pas délaisser à nouveau le personnel en place, car sinon le nombre de candidats va de nouveau diminuer.

Ce n’est pas un métier facile, souvent proche du sacerdoce, où règne également une certaine discrimination (pour mémoire, l’article des inégalités à tous les niveaux).

D’autres sujets de mécontentement sont préoccupants.

Ecart de rémunération entre les professeurs

Les professeurs des écoles et les professeurs certifiés sont aujourd’hui recrutés à niveau de diplôme équivalent depuis 1990. Et pourtant l’écart de rémunération entre premier et second degré reste important.

Dans le premier degré, pas d’heures supplémentaires rémunérées et très peu de primes. Pour ne parler que de la prime ISAE/ISOE (indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves) les professeurs du second degré perçoivent en moyenne environ 2000 euros de plus par an que leurs collègues du premier degré. Vincent Peillon a bien accordé une prime aux professeurs des écoles, mais elle est bien moins conséquente. En effet. cette indemnité ISAE est fixée à 400 euros bruts, qui seront versés en deux fois, soit 172 euros nets.

Un syndicat souhaite lancer une alerte sociale et prévoit de déposer un préavis de grève.

Les agrégés demandent une affectation conforme à leur niveau

En fin d’année dernière, il était question de modifier les règles concernant le temps de travail des professeurs en classes préparatoires. Le conflit avec le ministre s’est soldé par un report de la réforme.

Un autre problème concerne les professeurs agrégés qui demandent d’être obligatoirement affectés en lycée, ce qui est conforme à leur statut. Actuellement un quart des agrégés exerce en collège, et lorsqu’ils sont stagiaires on atteint un tiers d’entre eux. Ce n’est pas vouloir faire de l’élitisme de base que demander ce qui est un droit, ce qui est plus grave c’est le risque de démotivation des jeunes agrégés. Pourquoi faire des études pour pouvoir enseigner auprès d’élèves à même de suivre vos cours si pour des problèmes d’effectifs on vous contraint de dispenser votre savoir auprès d’enfants normalement trop jeunes pour comprendre vos argumentations, le risque évident et de plus en plus fréquent est la tentation de démission des intéressés. Ajoutons aussi que si un professeur agrégé est nommé en collège, il ne bénéficie pas des points nécessaires pour demander une mutation en lycée !

Les professeurs agrégés ont un niveau de formation, de compétence et de spécialisation nécessaires pour des postes pour lesquels cette technicité est requise, à savoir les 1ères et Terminales.

« Les postes d’enseignants seront sanctuarisés »

(selon Vincent Peillon)

Le Ministre assure que les promesses seront tenues.

Tous les élèves vont passer à la semaine de quatre jours et demi à la rentrée prochaine. Même si des problèmes perdurent, Vincent Peillon réaffirme que cette mise en place sera appliquée puisqu’elle a été décidée par décret.  « Les enfants bénéficieront d’un bon temps scolaire pour mieux apprendre à lire, écrire et compter, ainsi que des activités péri-éducatives de qualité ».

La réforme des classes préparatoires, selon le Ministre, est un préalable à des discussions qui devraient mener à un accord dans les trois mois. Les décrets de 1950 vont être revus. Ces décrets régissent le statut des enseignants qui n’a pas changé et qui sont considérés comme obsolètes.

Vincent Peillon confirme également les promesses de François Hollande sur la création de 60.000 postes et ce malgré une réduction des dépenses de fonctionnement de 5%. Les créations de postes sont « sanctuarisées ».

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